Un blog qui parle de webdesign, graphisme, méthodologie ...

icone rss  icone twitter  bouton de retour vers le portfolio pixenjoy

Qu’est ce qu’un webdesigner ?

Le secteur des nouvelles technologies est relativement récent et son évolution très rapide.
C’est peut être la raison pour laquelle il n’existe pas encore de définition consensuelle du métier de webdesigner.

Introduction

La définition du métier de webdesigner fait l’objet de nombreux débats sur le Net et tout le monde n’est pas d’accord sur le sujet. Certains pensent que c’est un graphiste du web, d’autres considèrent que le webdesigner doit aussi être un intégrateur, enfin une autre catégorie de personne voit le webdesigner comme un architecte du web.

Le webdesigner serait il multicarte ? … rédacteur, architecte de l’information, ergonome, infographiste, chef de projet, intégrateur et pourquoi pas développeur ? Mais alors à quoi servent les architectes de l’information, les ergonomes ou les intégrateurs si le webdesigner est capable de faire leur travail ?

Je joue un peu l’avocat du diable mais la question mérite d’être posé.

Essayons de définir ce qu’est un webdesigner

Le mot webdesigner est la concaténation des mots « web » et « design ». Je suppose donc que le webdesigner est un designer du web.

Je ne m’attarderai pas sur le mot « web » qui je pense est clair pour tout le monde. Par contre intéressons-nous au mot « design ».

C’est un mot d’origine anglaise que le dictionnaire Robert Fr./Ang traduit par les mots « concevoir » et « dessiner ». Si je regarde la définition du Larousse Français j’obtiens « Création d’objets fonctionnels et esthétiques ».

Un webdesigner serait donc une personne qui conçoit et dessine des sites web en prenant soin de les rendre fonctionnels et esthétiques.

Si on suit cette définition, on comprend qu’un webdesigner :

- « conçois » un site web.
Donc il imagine et élabore le site par la pensée avant de lui donner une réalité matériel (numérique serait plus juste). Le webdesigner doit donc prendre connaissance des besoins du client, récolter le contenu et les fonctionnalités puis les organiser pour donner au site web une structure logique. On est pile-poil dans les fonctions de l’architecte de l’information.

- « dessine » un site web.
Comme un architecte, le webdesigner donne vit à ses idées en les dessinant. Puis comme un graphiste, il affine son prototype pour lui donner un aspect plus aboutit et esthétique. Le webdesigner est donc bien un architecte mais aussi un créatif proche du métier de graphiste.

- le site web doit être « fonctionnel ».
Le webdesigner ne fait donc pas de l’art plastique en laissant libre cours à son imagination. Au contraire, il doit tenir compte de contraintes fonctionnelles comme « répondre aux besoins du client », « faciliter l’utilisation du site aux utilisateurs », « communiquer un message et mettre en place une ambiance dans laquelle l’utilisateur va se reconnaître ». Le webdesigner est donc aussi un ergonome et un graphiste.

- le site web doit être « esthétique »
Le webdesigner doit donner au site un habillage élégant, agréable à regarder. Il doit donc faire preuve de créativité et de compétences artistiques.

Pour que tout cela soit envisageable, n’est-il pas nécessaire de connaître ce que la technologie web et le support d’affichage est capable de faire et quelles sont ses limites ? Un webdesigner ne devrait-il donc pas aussi être un intégrateur ?

On se rend vite compte que le mot « webdesigner » est finalement devenu trop générique pour définir un profil qui n’existe aujourd’hui que dans certaines circonstances.

Au début du web grand public (1990-95), les sites internet n’étaient que des pages statiques n’ayant pour but que d’afficher des informations et de les rendre disponible à un maximum de personnes. Il s’agissait le plus souvent de documents. Les entreprises privées avaient peu investit ce média et les sites web étaient relativement simples. Il était donc fréquent que ces sites web soient conçus et mis en place de A à Z par la même personne. Cette personne était alors un webdesigner qui prenait en charge l’architecture, l’ergonomie, la mise en page, le graphisme et l’intégration qui restaient sommes toute assez simple par rapport aux sites actuels.

La réalité d’aujourd’hui est beaucoup plus complexe. Le web a été adopté par tous (scientifiques, étudiants, citoyens, associations, secteur privée et public, politiques …), les technologies ont considérablement évoluées, le potentiel fonctionnel et la taille des sites explosé, l’esthétique et la communication visuelle ont pris de plus en plus d’importance. Devant cette complexité des sites web, la nécessité de se spécialiser a augmenté, une seule personne ne pouvant répondre à toutes les exigences d’un site web moderne, complexe et professionnel.

Les tâches qui incombaient auparavant à une seule personne sont maintenant éclatées vers plusieurs personnes. Pour ce qui est d’un site web, l’architecture d’information, l’ergonomie, l’intégration … sont devenus de véritables métiers qui demandent une expertise pointue pour répondre aux exigences des sites web d’aujourd’hui.

Plus un site web est complexe et important, plus il demande de ressources humaines et financières. Il ne peut alors être pris en charge que par une équipe composée de plusieurs corps de métier. Dans cette équipe de spécialiste, que devient le webdesigner ?

Je crois que dans ce cas de figure, le webdesigner se rapproche davantage d’un graphiste / infographiste / directeur artistique qui s’occupe de communiquer un message en utilisant le langage visuel, de rendre une interface graphiquement facile à appréhender, de faire oublier à l’utilisateur la face technique du site, de transmettre une atmosphère qui réponde à une exigence marketing, de designer l’information pour la rendre plus accessible aux utilisateurs. Cependant je reste persuadé que le webdesigner, même si il évolue dans une équipe de spécialistes et dont le rôle se resserre autour du graphisme, doit posséder les bases, voir de bonnes connaissances dans les autres domaines (architecture d’information, ergonomie, possibilités techniques, intégration) pour collaborer efficacement avec l’équipe et apporter du professionnalisme à sa prestation.

Certes, tous les sites ne nécessitent pas ou n’ont pas les moyens de sortir la grande artillerie. Dans ce cas, moins de personnes interviennent sur la création du site. Les intervenants seront par nécessité plus polyvalents mais par voie de conséquence moins experts. Dans ce cas de figure, le webdesigner redevient ce généraliste qui se rapproche de la définition décrite en début d’article.

Spécificités d’un site internet

Il faut aussi prendre conscience qu’un site web c’est à la fois du contenu, une interface et un rendu visuel. Un webdesigner a donc a designer plusieurs choses distinctes : du contenu informationnel (textes, images, sons, vidéos), une interface avec des fonctionnalités, un visuel esthétique.

Vous trouverez à ce sujet, un excellent article de Collis Ta’eed intitulé « The 3 Components of Good Web Design »

Selon la typologie du site, une des ces caractéristiques peut prendre le pat sur les autres.

Un site e-commerce aura une forte exigence fonctionnelle et un soins particulier devra être porté sur l’interface. Un site événementiel qui lance le nouveau produit d’une marque aura une forte exigence sur le rendu visuel et ce qu’il communique. Enfin un site magazine nécessitera beaucoup d’attention sur l’organisation, la lisibilité et la présentation du contenu.

Dans ces différents cas de figure, le designer ne sollicitera pas l’étendu de ses compétences graphiques avec la même intensité. Un site de publicité demandera beaucoup de compétences artistiques, conceptuelles et créatives. Un site e-commerce demandera des capacités à favoriser graphiquement l’affordance des objets, leur simplicité avec toujours un soucis d’esthétisme. Un site magazine nécessitera du designer des compétences en présentation, lisibilité et organisation de l’information sur les pages.

Conclusion

Selon la taille et la complexité du site à réaliser, le rôle et la spécialisation du webdesigner évolue.

Pour les sites modestes, le webdesigner peut être ce personnage polyvalent qui joue un rôle de conseil au sens large, prend en charge les aspects de la conception, réalise le graphisme et l’intégration du site. Dans ce cas n’exigez pas du webdesigner qu’il soit expert dans tous les domaines.

Pour les sites complexes, dont la rentabilité doit être assurée, dont les budgets permettent une expertise approfondie des différents domaines, le webdesigner polyvalent s’efface pour devenir un expert. Le webdesigner est alors (à mon avis) davantage un graphiste / directeur artistique qui se concentre sur le rendu visuel du site, qu’il soit porteur de communication, de valeur, d’identité, ou un moyen de se mettre au service de l’utilisateur (affordance, organisation du contenu, lisibilité …)

Quel que soit l’environnement dans lequel il évolue, le webdesigner doit posséder des connaissances de bases dans les spécialités transverses et plus particulièrement l’ergonomie, l’utilisabilité, les contraintes et les technologies web et l’intégration.

La définition du webdesigner n’est donc pas simple. Elle dépend du contexte dans lequel elle s’applique que se soit par rapport à la complexité du site à réaliser ou de ses spécificités intrinsèques.

15 commentaires
S'abonner aux commentaires via RSS
(URL de trackback)

  • 1. wesley
    le 01.02.09 (19:07)

    Ayant plutôt une formation de graphiste additionné de quelques notions de développement web, j’adhère à cette définition.

    Mais je dirais aussi, qu’actuellement les offres d’emploi – que je consulte de manière sporadique étant encore étudiant – demandent des compétences au delà de cette définition.

    Les employeurs veulent la perle rare qui sache donné une identité visuel aux sites tout en les développant, voir à faire le travail de référencement.

    Certes le web, évolue sans cesse, mais pour disposer de compétences dans la construction d’un site, les employeurs se rendent-ils compte de l’ampleur de la tâche réclamée ?

    Et touche d’humour, vais-je réussir à me former dans tout ces domaines à la fois (webdesign, développement, référencement, communication, …) pour être un webdesigneur complet à leurs yeux ? Ou du moins une vie, me suffira-t-elle ? lol

  • 2. wesley
    le 01.02.09 (19:09)

    dslé je ne suis pas relu, g vois ke g fai pa mal de fautes d’orthographe, on dira ke c’ la faute à msn ….lol

  • 3. Rémi
    le 01.02.09 (21:34)

    Bon article, et bonne analyse ;)

    Je me suis fait cette réflexion récemment, le terme webdesign est trop mal connu et trop fourre-tout et au final je pense que ça nuit beaucoup à l’image des webdesigners et intégrateurs car on a tendance à croire que si une seule personne peut le faire c’est « facile ».

  • 4. bibox
    le 01.02.09 (22:40)

    Très intéressant comme article. Effectivement, la définition de webdesigner est encore floue et variable, mais + que tout, comme le disait A List Apart, on manque cruellement de vrais cursus pour webdesigners aujourd’hui.

  • 5. We Love Webdesign
    le 01.02.09 (23:10)

    Article toujours aussi intéressant.

  • 6. pixenjoy
    le 02.02.09 (09:21)

    @wesley: Tu verra que la plupart des annonces sont rédigées de cette manière c’est à dire avec une description qui demande le mouton à 5 pattes. Ce n’est pas circonscrit au webdesign mais à tous les secteurs d’activités.

    Tu comprends que en tant qu’employeur, si je peux avoir une personne qui a les compétences de dix et payé avec un salaire de débutant, c’est le rêve. Donc ne prends pas au pied de la lettre ce genre d’annonce, lis entre les lignes et postule. Si il t’appelle pour un entretient, c’est que ton profil les intéresse.

    @Remi: c’est vrai que puisque le cousin du fils du boucher sait faire un site, les gens s’imaginent que c’est pas plus compliqué que de faire des crêpes. Notre travaille est donc d’expliquer qu’il y a une différence énorme entre un site amateur et un site professionnel.

    @bibox: le problème des nouvelles technologies c’est que ça évolue très vite et que le temps que les formations se réveillent, le web est déjà passé de l’age de pierre à la conquête spatiale.

    @We love webdesign: merci ;-)

  • 7. detruk
    le 02.02.09 (15:15)

    Bon article, bien résumé.
    Etant moi-même Web designer, je me retrouve assez biendans la définition que tu as donné.
    Très intéressant.

  • 8. Spartan
    le 06.02.09 (08:45)

    Je pense que plus que de donner la réponse à cette question, cet article en soulève d’autres comme la délimitation des tâches du webdesigner, la façon dont il est perçu par les clients, les études pour être formé, etc…

    Article fort intéressant.

  • 9. cr3ation.net
    le 14.02.09 (15:42)

    Très enrichissant, comme toujours, çà colle parfaitement

  • [...] sur “qu’est-ce qu’un webdesigner”, que je trouve assez intéressant : http://www.pixenjoy.com/webdesigner A [...]

  • 11. Guy-Olivier
    le 08.04.09 (09:52)

    Très bon article, je suis une fois de plus entièrement satisfait de vous lire.
    dans notre centre de formation au cameroun, nous essayons d’associer les formations en graphisme, ergonomie, integration… mais j’avoue que cette methode formative est un obstacle pour tout apprenant ayant des visées d’expertise.
    Il existe certes des personnes ayant des compétances dans plusieurs domaines et capables de produire des résultats satisfaisant en webdesign complet. mais ce sont là des cas particuliers qui ne peuvent ici faire l’objet de généralité.
    Je suis de ceux qui pense qu’il faut éviter de se mêler les pinceaux, un site web est un univers et comme on le sait il faut de tout pour faire un monde, alors laissons le soin à chaque expert en son domaine de déployer ses compétances afin de servir un meilleur résultat.

  • 12. Clem
    le 09.04.09 (20:27)

    Très bon article.
    La définition est bien retranscrite.
    Article très instructif pour ceux ne connaissant pas ou très mal le métier ;)

  • 13. Mentoroner
    le 15.07.09 (12:46)

    Je suis tout à fait d’accord avec la définition donné ! :D

  • 14. Webdesign
    le 01.08.09 (15:07)

    Bonne définition du terme à mon goût mais c’est vrai qu’un webdesigner doit de plus en plus savoir maîtriser le développement aussi bien que le design si il veut « percer ».

  • [...] Qu’est ce qu’un webdesigner ? [...]




Votre e-mail ne sera pas publié.