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Gilles Vauvarin
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25.03.09
Gimp : raviver vos images

Catégories : Infographie
1 commentaire
vignette d'illustration de l'article

Si vous trouvez que les photographies traitées par votre appareil photo numérique sont ternes, voici quelques techniques simples pour redonner un peu de « peps » aux couleurs et aux contrastes de vos clichés.

Introduction

Les appareils photos numériques proposent généralement par défaut un mode d’enregistrement des images au format JPEG. Avant cet enregistrement, votre appareil photo effectue de manière automatisée un traitement sur l’image selon des paramètres pré-définis. Bien que le résultat soit acceptable il est rarement complètement satisfaisant et peut être facilement amélioré avec quelques manipulations simples à l’aide d’un logiciel de retouche d’image.

Sachez que pour ceux qui disposent d’un appareil photo qui permet d’enregistrer les photographies au format RAW (format image codé sur 16 bits n’ayant subi aucun traitement), le dématriçage à l’aide de logiciels spécifiques reste la meilleure solution pour avoir le maximum de contrôle sur le rendu de ses photographies. En effet, le format RAW correspond pour le numérique à ce qu’était le négatif pour les appareils argentiques. L’utilisation du format RAW s’adresse aux professionnels de l’image et aux amateurs avertis qui souhaitent maîtriser tout le processus de « développement » de leurs photos numériques pour un rendu optimum. Son utilisation est plus long, plus complexe et demande une période d’apprentissage des fondamentaux de la retouche photo et de manipulation des logiciels de dématriçage (logiciel permettant de « développer » les formats RAW).

L’utilisation du format RAW n’est pas le sujet de cet article. Je supposerais donc que vous enregistrez vos photos au format JPEG et que vous souhaitez améliorer le traitement des images à l’aide d’un logiciel de retouche d’image comme Gimp ou Photoshop.

Techniques

Le traitement automatisé des appareils photos donne généralement des photographies un peu ternes qui manquent de contraste et de saturation. Pour redonner du « peps » aux photos, vous avez le choix entre plusieurs techniques que je vais vous présenter ci-dessous :

Les niveaux

Une photographie numérique est composée de plusieurs milliers/millions de pixels possédant chacun une luminosité. L’outil Couleurs > Niveaux de Gimp affiche un histogramme qui représente la répartition de ces pixels en fonction de leur luminosité du plus sombre à gauche au plus clair à droite.

Un histogramme déséquilibré à gauche est le reflet d’une image possédant beaucoup de pixels sombres donc souvent d’une image sous-exposée. A l’opposé, un histogramme déséquilibré à droite est le reflet d’une image possédant beaucoup de pixels claires donc d’une image généralement sur-exposée.

Enfin, un histogramme qui ne s’étale pas sur toute la largeur de gauche à droite caractérise une image qui manque de contraste.

L’outil Niveaux, va vous permettre de corriger un manque de contraste :

Commencez par dupliquer votre calque puis opérez les manipulations sur le calque dupliqué.

- En déplaçant les curseurs des niveaux d’entrées :
En ajustant la position des curseurs du point blanc et du point noir aux deux extrémités de l’histogramme (voir copie d’écran) vous redistribuez de façon plus équitable la luminosité dans votre image à partir d’une gamme allant du blanc au noir. Vous pouvez ajuster la luminosité globale de l’image en faisant varier le curseur central qui correspond au point gris neutre ou gamma.
blog_240309_niveaux1.png
blog_240309_niveaux2.png
Si vous désirez un résultat plus précis, faite la même manipulation sur chacun des trois canaux R,V et B.

- En utilisant les pipettes :
Il est possible d’effectuer la même manipulation avec les pipettes en pointant dans l’image la zone la plus sombre avec la pipette correspondant au point noir et la zone la plus claire avec la pipette correspondant au point blanc. La luminosité moyenne peut être pointé à l’aide de la pipette correspondant au gris moyen. Cette technique est moins précise car elle fait intervenir votre perception de la zone la plus claire et la plus sombre, perception qui sur certaine photo n’est pas toujours évidente.

Attention, les pipettes agissent sur les trois canaux même si vous vous placez sur l’un d’entre eux. Vous ne pouvez donc pas affiner le résultat de la même façon qu’avec les curseurs.

- En utilisant le réglage « Auto » :
Vous pouvez également cliquer sur le bouton « Auto » pour laisser Gimp faire le travail tout seul. Le résultat est parfois bon, parfois moins bon. Testez et revenez en arrière (bouton réinitialiser) si le résultat ne vous satisfait pas.

Les courbes

L’outil Couleurs > Courbes est un outil plus perfectionné que l’outil Niveaux. Alors que l’outil Niveaux vous permet d’agir globalement sur les tons sombres et les tons clairs, l’outil Courbes, lui, vous permet d’agir sur n’importe quel intervalle tonal. Il est donc possible d’agir plus précisément en appliquant des changements sur un intervalle de ton. De plus l’outil Courbes permet d’opérer des manipulations non seulement sur les contrastes mais aussi la luminosité et les couleurs, tout ceci en lissant les transitions.

La barre dégradée horizontale représente l’échelle tonale d’entrée. Elle va de la valeur 0 (noir) à la valeur 255 (blanc), des tons sombres aux tons clairs. Donc déplacer sur la courbe/droite le point d’extrémité haute vers la gauche et le point d’extrémité basse vers la droite revient au même que déplacer le curseur blanc vers la gauche et le curseur noir vers la droite dans l’outil Niveaux.
blog_240309_courbes1.png
Dupliquer le calque et sur chacun des canaux R, V et B déplacez le point haut vers la gauche et le point bas vers la droite de sorte à ce qu’ils se calent au bord de l’histogramme. Vous devriez obtenir un résultat similaire à celui effectué avec les curseurs de l’outil Niveaux. Ensuite pour augmenter le contraste il suffit d’obtenir une courbe en « S » telle que dessinée sur la copie d’écran suivante :
blog_240309_courbes2.png
Lorsque « Canal » est en mode « Valeur » si vous déplacez un point vers le haut, vous augmentez sa luminosité, si vous le déplacez vers le bas vous l’assombrissez. En construisant une courbe en « S » j’augmente le contraste de l’image en fonçant un peu plus les pixels sombres et en éclaircissant les pixels claires. Plus la forme en « S » sera prononcée, plus le contraste sera fort.

On observe une dominante bleue. Pour retirer cette dominante, il suffit de se positionner sur le canal bleue et de tirer la courbe vers le bas. Cela aura pour effet de diminuer la quantité de couleur bleue.
blog-240309_courbes3.png
Pour éclaircir l’image en accentuant les zones claires, je passe le calque dupliqué en mode « Ecran » et j’atténue légèrement son effet en fixant l’opacité à 75%.
blog_240309_courbes4.png

Calques et modes

L’utilisation des modes de calque est moins connue, pourtant elle permet très facilement d’obtenir des résultats intéressants. Dans le cadre de ce chapitre sur les modes, je considère que je travaille toujours sur des calques dupliqués. Le calque qui change de mode est donc toujours une copie conforme du calque d’origine. L’effet obtenu peut être ensuite modulé en variant l’opacité du calque dupliqué.

Mode Superposer

Ce mode a tendance à assombrir l’image en rendant les gris moyens du claque du dessus transparent. Ainsi, les couleurs du calque du dessus intensifient les couleurs du calque du dessous. Par exemple un premier plan bleu sur un fond bleu génère une image avec un bleu plus soutenu.

En fait ce mode ajoute de la valeur (luminosité) à l’image, c’est ce qu’on appel “peindre avec la lumière”.

Pour résumer, le calque du dessus affecte le calque du dessous qui reste dominant en intensifiant les couleurs, les surbrillances et les zones d’ombres.

Pour diminuer l’effet du mode « Superposer », réduisez l’opacité du calque dupliqué. Pour l’accentuer, dupliquez le calque d’origine une seconde fois et passez le aussi en mode « Superposer ».

A titre d’exemple, voici une série d’images qui montre l’effet du mode « Superposer » :
blog_240309_superposer.jpg
1- image d’origine traité par l’appareil photo
2- image d’origine avec un calque dupliqué en mode « Superposer » opacité 100%
3- image d’origine avec deux calques dupliqués en mode « Superposer » opacité 100%

Remarque : si vous souhaitez accentuer le contraste des valeurs sans accentuer la saturation des teintes de votre image, désaturez le calque dupliqué (Couleurs > Désaturer) avant de le passer en mode « Superposer ».

Mode écran

Le mode « Ecran » éclaircie l’image en rendant plus transparente les zones sombres. Avec ce mode, le noir devient transparent et le blanc reste blanc. Donc plus le calque du dessus est sombre moins il affectera le calque du dessous et vice versa.

Passer un calque dupliqué en mode « Ecran » permet donc d’accentuer la luminosité des zones claires. Plus une zone de l’image sera sombre, moins elle sera éclaircie. L’utilisation de ce mode peut être intéressant pour les images légèrement sous-exposées.

A titre d’exemple, voici une série d’images qui montre l’effet du mode « Ecran » :
blog_240309_ecran.jpg
1- image d’origine traité par l’appareil photo
2- image d’origine avec un calque dupliqué en mode « Ecran » opacité 100%

Désaturation et mode lumière douce

Le mode « Lumière douce » a un effet assez similaire au mode « Superposer » mais de manière moins accentuée et en éclaircissant les couleurs. Si vous souhaitez accentuer le contraste des valeurs sans accentuer la saturation des teintes de votre image, désaturez le calque dupliqué (Couleurs > Désaturer) avant de le passer en mode « Lumière douce ».

Dupliquez le calque d’origine et désaturez le avec l’outil Couleurs > Désaturer. Ensuite, passez le en mode « Lumière douce ».

A titre d’exemple, voici une série d’images qui montre l’effet du mode « Lumière douce » :
blog_240309_lumDouce.jpg
1- image d’origine traité par l’appareil photo
2- image d’origine avec un calque dupliqué et désaturé en mode « Lumière douce » opacité 100%

Modèle LAB

Le mode Lab représente toutes les couleurs visibles par l’œil humain. La composante L (Luminosité) correspond à la vision humaine de la luminosité, la composante A regroupe les informations couleur suivant deux axes allant du vert au rouge, et la composante B regroupe les informations couleur suivant deux axes allant du bleu au jaune. Cette séparation entre les informations de luminance (couche L) et les informations couleur (couches A et B), permet de corriger les couleurs sans modifier la luminosité ou de modifier le contraste sans toucher à la saturation des couleurs.

Pour décomposer votre image en mode LAB, allez dans Couleurs > Composants > Décomposer …, puis sélectionnez le modèle « LAB » avec la case « Décomposer en calques » cochée.

Dupliquez les calques A et B et passez les en mode « Superposer » ‘ (Vous pourrez aussi tester d’autres modes comme « Lumière douce », « Lumière dur » …).

Fusionnez les calques dupliqués avec leurs calques d’origines (clique droit sur le calque dupliqué > « Fusionner vers le bas »)

Placez-vous sur le calque L et à l’aide de l’outil Couleurs > Courbes, augmentez le contraste avec une courbe en « S ».

Enfin recomposez l’image de cette façon : Couleurs > Composants > Composer, choisissez le modèle LAB et validez.
blog_240309_lab.jpg
1- image d’origine traité par l’appareil photo
2- image traitée en mode LAB

Conclusion

Il existe plusieurs outils et plusieurs techniques sous Gimp pour redonner du « peps » à vos images à partir des images JPEG issus du traitement automatisé de votre appareil photo numérique. Les résultats diffèrent d’une technique à l’autre et selon les réglages choisis. A vous de sélectionner celle qui s’adapte le mieux aux caractéristiques de votre photo et au rendu que vous souhaitez obtenir.

Rien ne vous empêche non plus de combiner plusieurs techniques. Par exemple corriger les contrastes avec l’outil Niveaux puis appliquer un mode de fusion sur un calque dupliqué. Cependant méfiez vous d’une surcharge de traitement qui risquerait de dénaturer le rendu de votre image.

Pour retoucher ses photos plus finement et avec moins de dégradations, il faudra passer au traitement du format RAW et utiliser des logiciels de dématriçage comme Bible, RawTherapee …

Sources

  • - Ouvrage « Gimp 2 efficace » – Cédric Gémy – Eyrolles
  • - Développer ses fichiers RAW – Volker Gilbert – Eyrolles
  • - Documentation francophone de Gimp

Un commentaire
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  • 1. Llib Etag
    le 09.04.09 (23:01)

    Il faut beaucoup de persévérance afin de maîtriser pleinement GIMP … chapeau bas pour le travail en amont.

    Toujours aussi propre dans tes explications, moi je reste perplexe car en France avant de trouver un designer-ergonome et passionné tel que toi, il faut cherché longtemps, et à vrai dire je n’ai pas encore trouvé de personne qui produise un travail équivalent.

    Merci d’exister, quand je vois les appli web en France, j’ai un peu honte …




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