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Article(s) de septembre 2008 :

19.09.08
Catégories : Méthodologie
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Le contenu d’un site web

Vouloir créer un site web est une chose, savoir quel contenu il contiendra en est une autre. Le contenu d’un site web est sa raison d’être. Sans contenu, pas de site. La préoccupation du contenu n’est donc pas à prendre à la légère.

Introduction

La décision de créer un site web, qu’il s’agisse d’une association, d’une entreprise privée, d’une administration, d’un organisme est souvent motivé par le souci d’être présent sur la toile. Ne pas être présent sur internet, c’est risquer de renvoyer à ses utilisateurs, à ses clients une image un peu ringarde.

C’est pourquoi beaucoup de site web existent parce qu’il faut être présent sur internet mais dont le contenu laisse à désirer et ressemble à une juxtaposition d’informations sans liens ni objectifs bien définis.

Pour concevoir un site efficient, il faut passer du temps sur la définition, les objectifs, l’organisation et la rédaction de son contenu afin de répondre à un véritable besoin des utilisateurs.

Le contenu est roi et constitue la véritable richesse de votre site. Le site n’est qu’une enveloppe qui doit se mettre au service du contenu pour le mettre en valeur. Il serait donc absurde de construire un site sans savoir quel contenu on va y mettre.

Prenons une analogie. Imaginez une famille qui veut faire construire une maison pour y vivre de la façon la plus confortable possible. Cette famille est constitué d’un couple, des ses trois enfants et du grand-père. Avant de construire, la famille va réfléchir avec un architecte sur les plans de la maison. Ils prévoient à l’étage 3 chambres pour les enfants, et deux chambres en rez-de-chaussé pour le couple et le grand-père. Ainsi le grand-père n’aura pas d’escalier à monter et les parents seront à l’abri de l’agitation des enfants. Le garage est prévu suffisamment grand pour accueillir un atelier, un sellier et les deux voitures du couple. Au vu de la composition de la famille (par analogie le contenu) la maison (par analogie le site) est prévue pour rendre la vie de la famille la plus confortable possible avec une organisation spatiale adapté.

Imaginons maintenant que la maison soit construite sans réflexion préliminaire mais avec des chambres, un garage … Lorsque le couple veut s’y installer, il se rend compte que la deuxième voiture dépasse du garage, que la maison ne comporte que 4 chambres en étage et que les murs sont tapissés de moquette alors que le petit dernier est allergique à la poussière.
Bref c’est l’enfer, le grand-père tombe des escaliers en se rendant aux toilettes, les enfants réunies dans la même chambres se tapent dessus toute la journée et le père de famille perd son boulot suite à une dépression nerveuse.

Créer un site sans se préoccuper du contenu, c’est mettre la charrue avant les bœufs.

Quel contenu mettre dans son site ?

Pour déterminer la pertinence d’un contenu, il faut se concentrer sur ses objectifs et les besoins de l’utilisateur. Pour cela procédez par étapes.

(Ces étapes sont largement inspirées de la méthode proposée par Vincent Bénard sur le site Veblog dans l’article « Comment choisir les contenus de votre site web ?« . Je vous propose ici une retranscription personnelle. N’hésitez pas à aller faire un tour sur les archives du site qui sont pleines d’enseignements malgrè l’arrêt du blog depuis plusieurs années « )

Étapes de réflexion pour définir son contenu :

1. Quels sont les objectifs du site auprès de vos utilisateurs ?

La première question à se poser est « A quoi va servir mon site, qu’est ce qu’il est censé proposer aux utilisateurs ? »

Amélie Boucher, consultante ergonome, parle dans son livre « Ergonomie Web » de l’utilité globale de votre site, c’est à dire de l’objectif principal du site qui est généralement déterminé par l’idée qui a sous tendu la création du site. Cela peut être : vendre ma production de fromages, trouver un gite en France, présenter le programme de formation de ma société, fournir des informations techniques pour les ingénieurs de mon service production …

Pour trouver les objectifs de votre site, ne pensez pas en terme de moyen mais en terme de finalité. Penser finalité c’est par exemple se dire: « Mon site doit me permettre de vendre mes produits, de fédérer une communauté autour d’un sujet, de collecter des adhésions pour mon association, de fournir des informations pratiques aux citoyens, d’améliorer le service après vente, me face économiser des frais d’impression de documentation … » penser moyen, c’est se dire: « Mon site doit être moderne pour plaire à mes utilisateurs technophiles, mon site doit être rapide pour répondre aux sollicitations d’un maximum d’internautes … »

Il peut y avoir plusieurs objectifs mais il existe toujours un objectif principale qui correspond à l’utilité générale du site. Si vous définissez plusieurs objectifs, énumérez les tous puis classez les par priorité. L’utilité globale du site doit se trouver en tête des priorités.

2. Quelles actions souhaiteriez-vous proposer à vos utilisateurs ?

La seconde étape consiste à réfléchir sur les actions que vous souhaiteriez que vos utilisateurs effectuent sur votre site. Pour cela il faut penser « verbes ». Je souhaiterais que l’utilisateur :

- Achète mes produits
- S’inscrive dans mes formations
- Lise les actualités de la commune
- Consulte les réalisations de mon portfolio
- Saisisse une demande de devis
- Télécharge les notices d’utilisations de mes produits
- S’abonne à notre magazine …

La aussi, pensez finalité et non moyen.

3. Quels sont les éléments qui vont favoriser ces actions ?

Il s’agit maintenant de déterminer quel petit plus (en terme d’utilité) vous allez pouvoir offrir à vos utilisateurs pour résoudre leurs problèmes, leur faciliter la tâche, leur fournir l’information dont il ont besoin… Vincent Bénard appel ce petit plus un « déclencheur ». C’est ce déclencheur qui va favoriser l’action souhaitée de la part de l’utilisateur.

Amélie Boucher, consultante ergonome, parle dans son livre « Ergonomie Web » de micro utilité. Les micro utilités viennent compléter l’utilité globale pour offrir à votre service une valeur ajouté. Il s’agit de ces petits bonus qui vont se mettre au service de votre utilité globale. Vous avez quelque chose à proposer, comment faire pour que votre offre soit la plus adaptée possible aux besoins de l’utilisateur. Quelle utilité complémentaire vais-je pouvoir proposer à mon utilisateur pour le satisfaire un maximum.

Cela peut être par exemple sur un site de e-commerce de produits alimentaires, la possibilité d’enregistrer des listes de courses personnalisées pour ne pas à refaire son panier à chaque commande. L’utilité globale du site est de permettre l’achat de ses courses alimentaires en ligne, une micro utilité est de pouvoir enregistrer sur son compte une liste de produit fréquemment achetée que l’on réactive à chaque nouvel achat pour remplir directement son panier des produits de bases que nous consommons à chaque commande.

Pour trouver des micro utilités (éléments déclencheurs des actions souhaités), il faut être capable de déterminer les profils et les caractéristiques de ses utilisateurs. Il faut arriver à se mettre à leur place et trouver les problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur quotidien afin de trouver des solutions à travers ces micro utilité. L’ergonomie utilise pour cela la technique des « Personas » qui sont des profils types d’internautes pour qui on définie un scénario d’utilisation de votre site et des besoins précis.

Donc posez-vous la question, de quoi sont demandeur vos utilisateurs, quels sont leurs problèmes, leurs besoins, leurs habitudes ….

Attention réfléchissez ensuite au rapport utilité/cout de réalisation. Pour qu’une micro utilité soit retenue, il faut que celle-ci soit vraiment pertinente pour l’internaute par rapport à son cout de développement et de mise en place.
Ou trouver le contenu ?

Ces recommandations sont largement inspirées du livre « Ergonomie Web » d’Amélie Boucher :

Inspirez-vous de l’existant

Commencer par reprendre ce qui existe : site internet, plaquette commerciale, journal interne … et faite le tri. Certaines choses pourront être reprises, d’autres non. Vous devrez également penser à réecrire le texte pour l’adapter au média web.

Sollicitez tous les acteurs du projet

Plus vous serez nombreux à réfléchir, plus vous récolterez d’idées. N’hésitez pas à organiser un brainstorming avec l’ensemble des acteurs du projet.

Mettez-vous à la place de vos internautes

Utilisez la technique des personas pour imaginer des profils types d’utilisateur, leurs besoins, leurs habitudes de navigation.

Pour en savoir plus sur l’utilisation des personas :

- Personas: pas seulement pour une Vision partagée des Utilisateurs…
- Extending a technique group personas
- An introduction to personas and how to create them

Inspirez-vous des besoins exprimés par vos utilisateurs

Interrogez les personnes qui sont le plus en contact avec vos clients. Quelles sont les questions les plus posées ? Quelles sont les problèmes les plus fréquents ? Vous pouvez aussi initier une enquête pour récolter leurs besoins, leurs manques, leurs satisfactions-insatisfactions.

Étudier ce qui se fait ailleurs

Regardez ce qui se fait chez vos concurrents directs mais aussi chez ceux qui offrent les mêmes actions que vous. Vous vendez du fromage, chercher des sites concurrents vendeurs de fromages mais aussi des sites qui se positionnent sur des activités similaires aux vôtres: vendeurs de chocolats, de bricolage, de vêtements … Ce qui compte c’est d’observer ce qui se fait, de repérer les bonnes idées et de s’en inspirer.

Comment présenter, rédiger son contenu ?

Le média web utilise des écrans pour afficher les informations. Les écrans, qu’ils soient d’ordinateur, de téléphone mobile, de PDA ou d’autres machines électroniques sont du fait de leur taille très variable et de leur mode de fonctionnement, d’un confort de lecture moindre que le support papier. Pour cette raison, les utilisateurs ne lisent pas de la même manière les informations sur un média web et sur un média print.

Le média web est aussi une source infinie d’informations. Cette abondance nous oblige à parcourir plusieurs sources afin de choisir celles qui seront les plus proches de nos attentes. Les résultats de recherche dans les moteurs ne sont pas toujours pertinents et nous demande un travail de tri. De plus, nous consultons souvent internet pour gagner du temps et obtenir des informations sans avoir à se déplacer.

Toutes ces caractéristiques font qu’un internaute, lorsqu’il arrive sur une page web, ne lira pas en détails le contenu de la page mais scannera l’information pour évaluer rapidement si il est au bon endroit pour trouver ce qu’il cherche. Le scanne des pages existe aussi sur les supports print mais il est accentué sur le média web. L’internaute sera donc sensible aux indices visuels pour parcourir et évaluer la pertinence du message. Lorsqu’il aura trouvé l’information pertinente, il lira le texte en profondeur.

Recommandations pour rédiger du contenu web :

Utiliser un vocabulaire simple

L’internaute est pressé et veut obtenir ce dont il a besoin le plus rapidement possible. Rédigez donc votre texte en ne mettant que ce qui est nécessaire. Évitez les répétitions, les évidences ou les détails superflues.

Soyez simple et concis. Évitez les mots techniques, le langage spécialisé, les formules littéraires compliquées surtout si votre publique est généraliste. La lecture doit être facile et rapidement compréhensible.

Les internautes préfèrent également un ton direct et personnel plutôt qu’un langage trop formel.

Aller à l’essentiel

Essayez de dire le maximum de choses en un minimum de mots.

Allez droit au but et minimisez le discours marketing. Les internautes ne croient plus aux belles promesses publicitaires. Parlez vrai et simple et laissez l’internaute se faire sa propre idée.

Formater le texte pour le rendre plus lisible

Pour aider l’internaute à scanner vos pages, hiérarchisez l’information et structurez votre texte. Pour cela, utilisez les titres et sous-titres, les énumérations à l’aide de liste, aérez votre texte en faisant des paragraphes courts, faites des phrases courtes.

Pour une meilleure lisibilité, assurez-vous d’avoir suffisamment de contraste entre le texte et l’arrière plan, utilisez une police suffisamment grande, n’ayez pas des paragraphes trop longs horizontalement.

Utiliser la technique de la pyramide inversée

Jakob Nielsen, ergonome Américain, préconise de commencer ses textes par la conclusion puis de dévoiler les faits qui vont l’appuyer. Ainsi vous donnez au lecteur « l’essentiel » des les premières lignes. Si cela l’intéresse, il continuera sa lecture.

Conclusion

Lorsque vous voulez créer un site, portez un soin particulier au contenu. Ce n’est pas le site qui décide du contenu mais le contenu qui détermine la façon dont votre site sera construit.

Pour déterminer le bon contenu, pensez d’abord aux besoins de vos utilisateurs. Vous faite un site pour eux avant-tout. Réfléchissez à ce que vous allez proposer, est-ce que le discours du président du groupe intéressera l’internaute qui veut acheter un téléviseur ?

Pensez également à adapter la rédaction de votre contenu aux habitudes de lecture de vos internautes.

Enfin, ne prenez pas toutes ses règles au pied de la lettre. Chaque type de site a ses particularités et nécessite des adaptations.

Sources :

- Ouvrage « Ergonomie web » – Amélie Boucher – Eyrolles
- Ouvrage « Site web: priorité à la simplicité » – Jakob Nielsen et Hoa Loranger – Campus press
- Site Veblog de Vincent Bénard
- Site Ergologique

19.09.08
Catégories : Principe de design
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Gestalt

Le mot Gestalt qui signifie « forme » en Allemand est aussi une théorie qui définit un certain nombre de lois sur la perception humaine. Nous allons voir dans cet article comment certaines de ces lois peuvent être utilisées dans le langage graphique.

Introduction

Pour faire simple, la Gestalt est une théorie, une école de pensée, qui étudie comment les humains perçoivent les choses. Les théoriciens de la Gestalt prêchent que notre perception ne se concentre pas sur des « points isolés », mais par une vision du « tous ».

Lorsqu’un observateur regarde une composition graphique, il a tendance à ordonner les éléments de cette composition afin de faciliter et clarifier leur lecture. Notre cerveau organise, interprète et classe les éléments afin de simplifier la complexité visuelle de notre environnement. Cette simplification s’effectue en regroupant les entités qui présentent des caractéristiques communes.

La Gestalt s’intéresse à la façon dont ces groupes sont formés et comment ceci affecte notre perception. En connaissant certaines lois de la Gestalt, le graphiste va être en mesure de comprendre et d’appliquer ces principes pour créer l’unité, la variété ou l’équilibre dans ses visuels.

Les lois de la Gestalt

Simplicité

Devant un problème visuel notre cerveau cherchera toujours la solution la plus simple parce que le monde est visuellement si complexe qu’il n’est tout simplement pas possible d’en extraire toute l’information sans une simplification préalable. Notre esprit a donc tendance à exclure la complexité au profit de la simplification afin de reconnaître des formes simples et à les relier.

Ce penchant vient probablement de l’urgence à différencier les situations dangereuses des situations bénignes. Le raccourci nous fait alors gagner un temps précieux pour réagir à une situation si celle-ci le nécessite.

En utilisant le concept de simplicité nous pouvons assembler des éléments identiques pour créer une unité. Par exemple, une surface rempli d’un motif composé de carrés identiques, sera perçue par notre cerveau comme une surface unitaire et non comme une multitude de plusieurs petits carrés. Dans la même idée, lorsque vous regardez un parc, vous voyez une pelouse verte et non tous les brins d’herbes individuellement.

Principe de proximité

Le cerveau a tendance à regrouper des éléments qui sont placés à proximité pour former un ensemble cohérent. Des éléments placés côte à côte sont perçues comme des éléments ayant un rapport entre eux. Ils forment dans notre esprit des sous-ensembles qui vont alors fonctionner comme un tout.

Illustration du principe de proximité

proximité

Application du principe de proximité en webdesign

Lorsque vous composez une page web, certains éléments ont des liens entre eux. Une manière efficace de le montrer est d’appliquer ce principe de proximité. Pour illustrer cela, observons des exemples pris sur le web.

proximité non application

Voici le programme ciné d’un grand groupe de cinéma Français. Le titre des films est placé à égale distance des paragraphes de contenus texte se trouvant au dessus et en dessous. Cela ne facilite pas la lisibilité du programme car l’œil hésite à associer ce titre à l’élément du bas ou ou à l’élément du haut.

proximité bien appliquée

En établissant une proximité entre le titre et son contenu texte on aide l’observateur à faire des regroupements qui facilite la lecture du programme ciné.

Principe de similarité

Le cerveau a tendance à regrouper des éléments qui se ressemblent. Si par exemple tous les éléments d’une composition sont à égales distances, le critère de regroupements se fera sur la ressemblance des éléments. Cette ressemblance peut être une ressemblance de forme, de couleurs, de texture, de taille …

Illustration du principe de similarité

similarité

Application du principe de similarité en webdesign

application similarité

Sur cette copie d’écran, les 3 éléments réunis sous le titre « How to use Product Planner » sont traités de façon similaire sur le plan graphique. Cela permet à notre esprit de regrouper ces 3 éléments comme faisant partie du même groupe. Ces trois encadrés ayant un lien (ils se rattachent tous les 3 au thème « How to use Product Planner »), le graphiste a joué sur le principe de similarité (même traitement graphique) pour le communiquer à l’observateur.

similarité application

Sur cette page web du site d’Apple, le principe de similarité a également été appliqué. Il nous permet de distinguer 6 groupes distincts que j’ai numéroté en rouge.

A noter que lorsque les principes de proximité et de similarité sont appliqués en même temps, l’effet de regroupement est renforcé.

Principe de continuité

On parle aussi de principe d’alignement pour parler du principe de continuité.

Si des éléments d’une composition présentent un ordonnancement formant un parcours régulier et directionnel, le cerveau tracera une ligne optique imaginaire qui reliera ces éléments entre eux. Notre regard a tendance à suivre un chemin régulier pour mettre en rapport des formes présentent dans une composition. Si un élément majeur s’interpose entre des éléments contigus, la ligne optique est rompue.

Cela permet par exemple de diriger l’attention de l’observateur d’un point de la composition vers un autre. En effet, une fois que notre œil regarde dans une direction, il aura tendance à suivre cette direction jusqu’à ce qu’il rencontre un élément significatif. En photographie, on parle de lignes de forces et de points focales. Le photographe utilise souvent des alignements dans sa composition (routes, rivières, lignes électriques, rangée d’arbre …) pour guider le regard vers le sujet principal.

Illustration du principe de continuité

continuité

Application du principe de continuité en webdesign

continuité application
Cette copie d’écran présente la page d’accueil d’un site pour un restaurant. Quoi de plus important pour un restaurant que de montrer ses spécialités culinaires ? Ici, le designer à mis en évidence la photographie d’un plat de la carte du restaurant en choisissant un arrière plan neutre (photographie noir et blanc) sur lequel la photographie en couleur se détache bien. L’attention de l’observateur sur cette photo de plat est renforcé par un principe de continuité. En effet, l’alignement des chaises et des tables (flèche blanche) de la photo d’arrière plan dessine dans notre esprit une ligne optique virtuelle qui conduit le regard vers la photographie du plat.

continuité application

Sur le site de Mark Boulton, j’ai dessiné à l’aide de lignes rouges, l’alignement des éléments. Ces alignements ont probablement été mis en place par l’utilisation d’une grille de mise en page. En glissant le long de ces lignes virtuelles, les alignements aident le regard a circuler facilement dans la page.

Principe de fermeture

Le cerveau aime regrouper des formes de façon à constituer des ensembles visuels fermés et cohérents. Le cerveau est capable de reconnaitre un sujet avec seulement quelques lignes bien esquissées.

En dessin stylisé l’artiste ne trace que quelques lignes et courbes, pourtant nous sommes capables de reconnaitre de quoi il s’agit. C’est de cette manière que l’artiste implique l’observateur dans son œuvre, en incitant son regard à imaginer ce qui manque pour reconstituer le sujet.

Retenez que ce n’est pas la quantité mais la qualité des informations visuelles qui vous permet de lire une composition graphique.

Illustration du principe de fermeture

gestalt principe de fermeture

Application du principe de fermeture en webdesign

Application du principe de fermeture
Ce site à pour thème le golf. Le tracé en arc de cercle de l’arrière plan évoque facilement une balle car notre regard complète le dessin pour visualiser un cercle complet.

Application du principe de fermeture

Sur le site Amaztype, une animation Flash construit progressivement un mot avec une accumulation d’images. Ici le mot suggéré est le mot « TASCHEN ». Bien que le mot ne soit pas achevé, nous n’avons aucun mal à reconnaitre et à lire ce mot. Ce phénomène est possible grâce au principe de fermeture.

Principe de la prégnance

La prégnance ou principe de la « bonne forme » est le principe selon lequel les éléments s’organisent en une forme plutôt qu’en une autre et de ce fait s’impose à l’esprit pour faire apparaitre une forme connue. Étant habitué aux figures géométriques, nous auront tendances à regrouper sous une même forme plusieurs objets disparates s’ils sont placés de manière suffisamment évocatrices. C’est cet effet qui nous permet par exemple de voir dans les étoiles, des triangles, des trapèzes …

Illustration du principe de la prégnance

Gestalt principe de pregnance

Application du principe de la prégnance en webdesign

Ce principe s’applique lorsque vous reconnaissez des objets en observant les nuages. D’un individu à l’autre, pour un même groupe de nuages, l’objet reconnu ne sera pas forcément le même. En effet, il y a quelque chose de très personnel et subjectif dans cette reconstitution, car elle fait référence à nos expériences qui sont uniques pour chaque individu.

Illustration du principe de l’expérience passée

principe de gestalt prégnance

Application du principe de l’expérience passée en webdesign

application du principe de prégnance

Sur cette magnifique photographie de Mehmet Ozgur, on peut reconnaitre le corps d’une femme dans une volute de fumée. Si vous avez fait vœux de chasteté, peut être aurez-vous un peu plus de mal à reconnaitre le corps dont je parle. En tout cas, cette image est une belle illustration de notre capacité à appliquer le principe de l’expérience passée.

logo carrefour

La loi de prégnance est fréquemment utilisée dans la conception des logos car elle apporte un côté trompe l’oeil qui captive le spectateur. Dans le logo « Carrefour » par exemple, l’union des deux formes rouge et bleu dessine un « C » imaginaire correspondant au « C » de Carrefour.

Conclusion

Les lois de la Gestalt sont des principes simples à comprendre et tous peuvent être appliqués dans vos design web. Certains d’entre eux comme les lois de proximité et similarité sont des fondamentaux pour améliorer le confort de lecture des pages de contenu. D’autres comme les principes de fermeture ou de prégnance sont des moyens astucieux pour éveiller l’imagination des spectateurs et retenir leur attention.

Sources :

- Ouvrage: « Graphisme et ergonomie des sites web » – Cristina Barroca – Edition Dunod
- Site http://www.desenvolvimentoparaweb.com
- Article « Gesalt » du site http://daphne.palomar.edu

12.09.08
Catégories : Méthodologie
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Questionnaire devis de site web

Estimer une prestation de création de site web n’est pas toujours facile. Si le client ne vous fournit pas de cahier des charges précis, il sera opportun de lui envoyer un questionnaire pour récolter un maximum d’informations.

Introduction

Sur des projets de site web, il arrive que le client ait seulement qu’une vague idée de ce qu’il veut et ne vous fournisse pas de cahier des charges. Il n’est alors pas facile d’établir un devis car vous ne disposez pas assez d’éléments pour estimer la charge et le prix de votre prestation.

Dans ce cas, vous n’avez d’autre choix que d’envoyer au client un questionnaire ciblé et le plus exhaustif possible pour obtenir les informations qu’il vous manque.

Il est important de prévenir le client que la réalisation d’un site internet lui demandera un investissement en temps et en réflexion. En effet, son rôle sera de vous transmettre avec précision ses besoins, ses attentes, ses connaissances de l’entreprise, ses connaissances de la cible et de ses concurrents mais aussi de vous fournir tout le contenu (texte, images, vidéo, audio …) dont il dispose. Il devra également se rendre disponible pour vos questions et des réunions de travail/validation.

Il existe à mon avis deux types de questionnaire :

- Le questionnaire qui va vous permettre d’appréhender les contours du projet, c’est à dire qui va vous permettre d’estimer la quantité de travail à fournir. C’est ce questionnaire qui va vous aider à établir votre devis. Ce questionnaire est le premier document à envoyer à votre client juste après le premier contact téléphonique si celui ci n’a pas de cahier des charges à vous remettre ou si ce cahier des charges est incomplet.

- Le questionnaire créatif appelé aussi brief créatif qui va vous permettre de réaliser le design du site. Ce questionnaire intervient après signature du devis et versement de l’acompte. Il peut être complété lors d’une réunion de travail. J’ai déjà parlé de ce type de questionnaire dans l’article : « Le brief créatif« .

Pour aider le client à répondre à vos questions, accompagnez-les d’exemples concrets ou de liste de choix. Pensez également pour chaque liste de suggestions à laisser une case « Autres ? » pour qu’il puisse ajouter des éléments que vous n’avez pas cité.

Voici un exemple de questionnaire pour établir un devis. Ce questionnaire n’est pas une référence absolue. A vous de l’adapter ou de le compléter selon vos besoins.

Questionnaire pour établir un devis

1. Identité

a) Nom et coordonnées du client ?
b) Nom, prénom, fonction, coordonnées des différents intervenants sur le projet ?

2. État des lieux de l’existant

a) S’agit-il d’une refonte d’un site existant ?
b) Y a t’il des éléments d’autres supports de communication à reprendre ? lesquels ?
c) S’agit-il d’un projet complétement nouveau ?

3. Objectifs du site

a) Quel est l’objectif principal du site ?
(Ex : E-commerce, informer, présenter un service, présenter un produit, lancer une campagne de publicité, communiquer, offrir des services … autre ?)

b) Quels sont les objectifs secondaires du site ?

4. Actions

a) Quels sont les actions que vous souhaiteriez que votre cible puisse effectuer sur le site ?
(Ex : Acheter un produit, consulter des fiches d’informations, saisir une demande de devis, découvrir votre entreprise, trouver les coordonnées de collaborateurs, postuler à une annonce d’emploi … autre ?)

b) Parmi ces actions, quelles sont celles à mettre en avant ?

5. Contenu

a) Quels types de contenu souhaitez-vous afficher sur le site ?
(Ex : Texte, son, images, photos produits, vidéo … autre ?)

b) Combien de pages de contenu seront à prévoir ?
c) Quelles seront les grandes rubriques du site ?

6. Fonctionnalités

a) Quelles fonctions souhaitez-vous voir apparaitre sur le site ?
(Espace d’administration, news type blog, forum de discussion, galerie de photos, moteur de recherche, formulaire de contact, autres type de formulaires … autre ?)

7. La cible

a) Décrivez les caractéristiques de votre cible (age, genre, secteur d’activité, appartenance sociale …) ?

8. La concurrence

a) Connaissez vous vos concurrents ? Si oui, indiquez les URLs de leur site internet.
b) De quelle manière souhaitez-vous vous différencier de la concurrence ?

9. Technique

a) Avez-vous des exigences sur les technologies à utiliser ?
b) Avez-vous un compte d’hébergement prévu pour ce site ?
c) Avez-vous un nom de domaine réservé ?

10. Planning

a) Avez-vous une date limite de mise en production à respecter et si oui laquelle ?

11. Budget

a) Quel est le budget maximum à ne pas dépasser pour ce projet ?

12. Vos besoins en cession de droits d’exploitation

Décrivez les droits que vous souhaitez acquérir sur les créations d’auteur (graphisme, vidéo, son …)

- Que souhaitez-vous comme durée de cession ?
- Sur quel(s) support(s) souhaitez-vous diffuser les visuels (nombre et nature) ?
- Étendue géographique de la diffusion ?
- Souhaitez-vous acquérir le droit de modifier les sources ?
- Souhaitez-vous rétrocéder les droits d’exploitation ou de diffusion à de multiples clients ? Combien ?
- Souhaitez-vous négocier que le nom de l’auteur ne soit pas cité en légende des visuels ?
- Souhaitez-vous négocier avec l’auteur pour qu’il ne revendique pas la paternité des visuels en public ? (préciser les supports concernés) ?

Si vous voyez d’autres informations importantes à demander au client pour établir votre devis, n’hésitez pas à me les signaler dans les commentaires pour que je complète ce questionnaire.